Respecter quelques contraintes
Contraintes documentaires
Elles sont évidemment les mêmes en terme de qualité que pour les produits papier. Mais il est vrai que le format électronique avec ses caractéristiques comme l’hypertexte ou simplement l’espace multimédia différent induit parfois des habitudes ou des négligences que le professionnel de l’information doit combattre.
- Dates et temporalité : Tout produit documentaire diffusé sous forme papier est généralement daté. Il s’agit soit de la date de réalisation du produit (dossier, synthèse, bibliographie) soit de la période couverte par la production : jour ou semaine pour une revue de presse, mois pour un bulletin, etc. On pourrait supposer que ces mêmes produits mis en ligne obéissent aux mêmes règles. Or, il faut bien reconnaître que ce n’est pas toujours le cas. Et pourtant, le Web est un espace où le rapport à la temporalité est certes différent (accessibilité quasi instantanée des nouvelles, disponibilité des informations en continu, hors les horaires du service doc.) mais où l’information fluctue bien plus vite qu’avec l’imprimé. Devant l’instabilité des adresses URL de sites et surtout de pages Web, il devrait au contraire y avoir un impératif de datation pour garantir au visiteur une information importante quant à la qualité du contenu. Exemple des signets de la BNF et du Cedef.
- Notion d’édition ou de réédition : Le produit est en ligne et y reste ...tant qu’il n’est pas retiré. Et il est bien facile de l’oublier, alors qu’un travail de mise à jour est souvent
indispensable pour conserver un produit de qualité. Il faut donc penser à régulièrement vérifier ce qui doit être diffusé, mis à jour et validé, ou retiré car obsolète ou inutile !
- Citations électroniques : Les documents au format électronique, et qui désormais sont de plus en plus souvent disponibles uniquement sous cette forme, peuvent être l’objet de référencement. Bien qu’il existe une norme bibliographique internationale sur le sujet , il faut bien reconnaître qu’elle n’est encore que rarement respectée et que beaucoup de « webmestres » semblent déboussolés pour citer correctement une référence en ligne. Quelques bases simples pour citer des informations sur le Web : un site didactique explique presque tout ! Methodoc
Contraintes ergonomiques
Quelques règles sont à respecter pour viser l’efficacité.
La lecture sur écran, puis le media Internet ont apporté des enrichissements par rapport à l’usage du document sur papier (qui constituait il y a encore peu 90% des supports documentaires) :
- l’hypertexte qui concerne fortement les PDE
- le multimédia (qui peut être utile mais reste souvent secondaire pour notre usage)
- l’interactivité (qui raccourcit les temps de réponses et de dialogue)
- la personnalisation (un plus indéniable quand elle est utilisée à bon escient)
Contrairement à la lecture linéaire, il n’y a pas qu’un seul parcours de lecture possible, mais une multitude de parcours de lecture que le lecteur peut choisir ou non d’exploiter.
L’hypertexte est discontinu : si divers parcours de lecture sont possibles, c’est que les portions de texte qui le constituent forment chacune une unité d’information cohérente et autonome. Dans un texte, l’information est linéarisée, dans un hypertexte, l’information est modularisée.
Un document hypertexte semble infini : Cette particularité apporte au lecteur un effet de « profondeur » et introduit une troisième dimension dans un espace à deux dimensions : l’écran. D’où une vigilance accrue pour les concepteurs de produits documentaires électroniques avec de nombreux liens hypertextes : éviter que l’utilisateur ne sache plus où il est (sommaire du produit, texte intégral d’un document présenté, autre site web ...) après quelques clics enchaînés.
La lecture du contenu d’un site web est beaucoup plus difficile que celle d’un document papier pour des raisons de lisibilité à l’écran mais aussi à cause de la difficulté à se concentrer. Pourquoi ce réflexe d’imprimer dès qu’une page est trop longue ? En ergonomie, on parle de « surcharge cognitive » qui provient pour partie du fait que la lecture sous forme de pages à enchaîner mobilise de la mémoire à court terme, et entraîne des difficultés de reconstitution synthétique entre les différents îlots d’information.
Des conseils et quelques règles simples pour faciliter la lecture à l’écran :
- Privilégier la « polarité positive » (caractères foncés sur fond blanc ou pâle) qui se rapproche plus de ce qu’on trouve sur la plupart des documents imprimés.
- Rubriquer bien plus que sur un produit papier.
- Rédiger des textes courts et mettre les idées fortes ou les conclusions d’abord.
- Structurer les textes avec titres et sous-titres explicites pour faciliter la lecture rapide, et utiliser les listes.
- Prévoir des formats écran et des formats imprimables.
Pour comprendre le mouvement des yeux sur un écran : Miratech et un dossier du Journal du Net (+ ce billet en anglais)
Contraintes juridiques
Il faut au minimum connaître les règles de base du droit d’auteur, du droit de reproduction et de représentation.
Les produits documentaires électroniques n’échappent pas à ces règles sous prétexte qu’ils ne sont pas sur papier.
Pour des informations générales sur le sujet mais détaillées, voir dans notre Sitothèque les différents sites spécialisés dans le domaine du droit de l’information.
Produits Documentaires Electroniques

